Les entreprises s'investissent de plus en plus dans des
partenariats locaux avec le monde associatif - au travers du mécénat de
compétences notamment (don de savoir-faire personnel ou professionnel de
collaborateurs volontaires, pendant leur temps de travail, à des
structures associatives d'intérêt général). Pourquoi ne pas aller plus
loin en aménageant les liens entre l'économie marchande et le tiers
secteur au travers de la création d'un "cadre" plus visible et surtout
plus lisible pour les parties prenantes : un véritable Service Civique Professionnel.
A l'heure où les enjeux sociétaux demandent des solutions concrètes,
pourquoi ne pas créer, dans nos parcours professionnels, des périodes
dédiées à l'intérêt général, pour favoriser les mariages entre
l'économie marchande et le tiers secteur associatif. Des "moments",
réguliers et récurrents, où nous pourrions faire le don, avec notre
entreprise, de notre expertise professionnelle ou personnelle à des
projets de solidarité (associations, fondations, acteurs de l’ESS) en
manque de compétences et à la recherche de ressources alternatives, à
l'heure où les subventions publiques se font de plus en plus rares.
Un jour offert, c'est plus de 600 siècles de temps-homme dédiés à l'intérêt général tous les ans!
C'est aujourd'hui ce qui existe de façon encore embryonnaire avec le
mécénat de compétences, dispositif certes émergent, mais encore limité,
en France, si on regarde les formidables gisements de savoir-faire qui
pourraient aller ponctuellement vers le monde associatif chaque année.
Petit calcul rapide: si chaque salarié offrait une seule journée de
travail chaque année à une association - tout en gardant sa
rémunération, amis syndicats, rassurez-vous -, on arriverait à plus 600
siècles de temps-homme dédiés à l'intérêt général tous les ans!
Ouvrons les entreprises à l’intérêt général en créant le « Service Civique Professionnel »
Alors je lance l'idée: pourquoi ne pas envisager un véritable "
Service Civique Professionnel",
favorisé par les dispositions actuelles ou élargies du mécénat de
compétences, par exemple une journée tous les ans pour chaque salarié
(complété et abondée par 2 jours de RTT par exemple) accompagnée éventuellement par une valorisation des acquis
de l'expérience, ou inclus dans le DIF ? Cette période serait intégrable dans le parcours
professionnel, et entièrement axée sur le soutien de projets associatifs
à vocation sociétale, à un moment de notre histoire où des pans entiers
de ce secteur sont en danger (à cause du désengagement des pouvoirs
publics évoqué précedemment) alors qu'ils assurent pourtant des services
vitaux pour la cohésion de notre société.
Et contrairement au don financier, qui n'est pas toujours "évident" à
demander et à réaliser en période de ralentissement économique, et dont
on ne connaît pas forcément la destination, le don de compétences est
un acte impliquant et qui vous rend "acteur", puisque le don, c'est vous : aider une association à mieux communiquer, à refaire son site web, à
optimiser sa logistique ou sa gestion, etc, pour ce qui est du don de
compétences professionnelles, ou tout simplement faire du soutien
scolaire, aider à réaliser des CV pour des personnes en réinsertion,
nettoyer les berges d'une rivière, etc, pour ce qui concerne les apports
en savoir-faire personnels.
Cette mécanique aurait de plus l'avantage d'offrir une visibilité et
un engouement certainement accrus pour ce modèle de partenariat
tripartite association-collaborateur-entreprise, et surtout de générer
des échanges et un maillage local beaucoup plus fort entre tous les
acteurs de la société civile. Sans compter les nombreux bénéfices pour
le collaborateur ainsi missionné : retrouver du sens dans sa sphère
professionnelle, découvrir de nouveaux enjeux, œuvrer pour le bien
public, et plus prosaïquement recharger ses batteries au travers d’une
expérience différente et humainement enrichissante. Pour l'entreprise,
c'est aussi le moyen de répondre aux nouveaux enjeux RH : organiser en
douceur une transition entre fin de carrière et début de retraite en
maintenant une dynamique de compétences et un sentiment d'utilité
sociale (combattre le syndrôme de placardisation), éviter dans certain
cas un chômage partiel en redéployant ponctuellement des collaborateurs
vers des missions d'intérêt général, enfin concrétiser cette fameuse
Responsabilité Sociétale d'Entreprise et lui donner "corps".
Nous savons que nous avons tous à nous apporter les uns aux autres en
terme de valeurs, de méthodes, de bonnes pratiques, de connaissances.
Et tout simplement en terme d'échanges humains. Ministères concernés,
représentations patronales, syndicats, c'est un rêve d'intérêt général:
réveillons-le ensemble en 2013 en créant le
Service Civique Professionnel.
Participez à notre pétition sur AVAAZ.org :
http://www.avaaz.org/
Jean-Michel Pasquier - Fondateur et animateur de KOEO.net